Promenade Nocturne

by BERTRAND LOREAU

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about

Limited edition of 80 CDR copies
Available on DVD

credits

released May 1, 2012

Programmed and played by Bertrand Loreau on a Roland JP8000 synth. No samples and no acoustic sounds on this release.
Photos by Lionel Palierne. Layout by Ruralfaune

Visit : www.bertrandloreau.com for DVD format and more


Biography :
Bertrand Loreau ; born in a family of classical musicians; his father played violin, his brother and sister clarinet, piano, violin. He entered in Mozart class at Nantes at 7, but abandons his initiation at 11 discouraged by a boring teaching. His passion for music grows when he discovers in UK in 1972 the music of Pink Floyd and then all progressive music between 1973 and 1975. He attends a concert of Klaus Schulze in 1977 in Nantes and develops the conviction that it will play the synthesizer. It develops from there great interest in electronics and will follow a university training in this field.
In 1981 Bertrand Loreau bought with his first pay a used instrument to Lionel Palierne: Korg MS20 with its sequencer SQ10. A few months later his set enriched by a 770 and a Korg Crumar Multiman S allows him to record his first cassettes, some passages are found in the albums: "Reminiscences" and "Journey Through The Past". His first CD is manufactured and distributed by the label MUSEA in January 1993 and will be followed by many others releases on various labels.

Oftenly romantic music and imprint of nostalgic emotions, Bertrand Loreau's music represents the Nantes School. He appreciates the refined arrangements and claims the influence of German pioneers in the use of making sequences. His work, made of classical harmonies,emphasizes the melody with sometimes some excursions in the field of electroacoustic music .

BERTRAND LOREAU
"Lorsque j’ai commencé à m’intéresser à la musique électronique et aux synthétiseurs, alors que j’étais encore un adolescent, j’ai écouté quelques œuvres de compositeurs contemporains que je n’ai pas su apprécier.
C’est la découverte des œuvres de Marc-Henri Arfeux qui m’a permis de découvrir qu’aujourd’hui je peux être sensible à des formes de recherches sonores et musicales qui ne me semblaient être autrefois que des concepts froids et abstraits. Cet intérêt pour la musique d’avant-garde est sans doute lié aussi à une certaine lassitude que je ressens parfois à l’écoute de musiques électroniques qui trop souvent reprennent les mêmes schémas de construction.
Ainsi le projet Promenade Nocturne est né de mon envie de m’essayer à un genre auquel je ne m’étais jamais confronté jusque-là. J’ai eu très rapidement ’envie de n’utiliser qu’un seul instrument : le synthétiseur à modélisation analogique JP 8000 Roland et je me suis donné un cadre : ne pas utiliser de sequencer midi. Ainsi je me suis contraint à produire les arpèges et les sons uniquement sur cet instrument qui ne contient aucun son acoustique. Le défi de produire quelque chose se rapprochant d’une certaine forme de musique concrète à partir de formes d’ondes électroniques simples me semblait plus intéressant que d’aller chercher des effets sonores dans des banques faites par d’autres. Je pensais d'autre part que l'imitation d'un son acoustique par un procédé électronique aurait probablement davantage de force de suggestion ou d'interrogation.
J’ai commencé le projet sans direction précise mais j’ai rapidement été surpris par la richesse et la précision des sons que je pouvais faire naître du synthétiseur. C’est seulement après avoir enregistré deux titres qu’une association entre des lieux que je fréquente souvent et les titres des morceaux s’est imposée à moi.
Bien que m’imposant un cadre de travail précis, je souhaitais faire ressortir d’une manière ou d’une autre des éléments de mon style plus classique. Ainsi des passages plus mélodiques et des arpèges font que l’on peut reconnaître que c’est bien moi qui joue. A travers ces réminiscences de ma façon de faire habituelle, il me semblait intéressant de mettre en évidence qu’il est possible de faire se rencontrer, dans une même œuvre, des sensibilités qu’on oppose parfois de façon trop radicale."
Bertrand Loreau


REACTIONS
"J'ai écouté très attentivement les sept premiers index de cette promenade nocturne et je suis enthousiasmé ! Beauté subtile et toute intérieure de ce parcours énigmatique et sensible où un Bertrand Loreau inédit suit le chemin d'une fabuleuse inspiration, dans les paysages sonores délicats, intenses et d'une haute poésie qui nous conduisent de lieu en lieu en ce Nantes nocturne digne de la grande tradition de ses arpenteurs secrets. Le plus extraordinaire est que si tu t'aventures en des territoires musicaux inédits en grande partie dans ton œuvre, tu y diffuses également ta personnalité en profondeur. Je retrouve l'émotion et je découvre aussi un sens du mystère attentif qui sait épouser avec tact les énigmes qu'il explore. C'est très beau, très pur et véritablement d'une grande poésie musicale. Les premiers index mesurent des espaces insolites sans jamais céder aux facilités théâtrales. Tout est retenu, suggéré, par échos, vibrations, appels de certains sons discrets et insistants, presque incognito. A partir des index 6 et 7 apparaissent des thèmes harmoniques dont le chromatisme suit la même inspiration : le lyrisme ne se déploie jamais dans un chant mais demeure coulée lente d'une luminosité légèrement tremblante comme une brume lunaire sur des pavés ou l'asphalte d'une rue vide pour retourner se fondre avec les lointains nocturnes.
L'ensemble, servi par son titre, le choix des lieux, les splendides photos de Lionel Palierne est une grande réussite.
Rangeant le disque dans son coffret, on croit tenir un livre rare dont les formulations seraient d'aventure sonore en un langage de confidence qui révèle l'existence de son secret sans jamais dire entièrement celui-ci. Je vais écouter la suite demain avec grande joie. Avec toute mon amitié, Marc-Henri Bertrand,
Le lendemain... Je trouve confirmation de mon impression première à la réécoute des premières pièces, impression qui s'augmente évidemment des sept suivantes dont j'apprécie tout autant la beauté et l'inspiration. J'aime que tu t'aventures et nous invites à ta suite dans ces territoires nocturnes marqués par l'insolite, un insolite qui ne fait jamais l'erreur de l'onirisme mais demeure à son niveau de trouble et de suggestion presque chuchotée, avec ses lueurs, ses scintillements, ses échos. L'index 10 est à cet égard très remarquable de cette veine et à bien écouter l'ensemble du disque, on sent combien tu as aussi exprimé la dimension portuaire de Nantes, avec des sons qui évoquent des cliquetis de chaînes rouillées, des vibrations de carcasses de navires, et bien d'autres sonorités étranges et fantomatiques. Plus loin il y a cet étrange palais ornithologique dont les pensionnaires ne révèlent leurs jeux secrets qu'aux heures où seule la clarté lunaire glisse entre les feuillages de leur royaume intérieur. Et à l'extrémité de cet itinéraire, la merveilleuse gare du sud qui nous invite même à un petit voyage dans le voyage à bord d'un train quelque peu dreamien.
C'est un ensemble de grande tenue, subtil, inventif, énigmatique et porteur d'une mélancolie rêveuse qui séduit l'auditeur, et lui donne l'irrésistible désir de s'aventurer à son tour dans les replis d'une ville de trois heures du matin, parmi les ombres, les silences et les reflets, en réponse à l'invitation multiple des mystères." Marc-Henri Arfeux - Fr

"Cet album est absolument magnifique, cette nouvelle orientation musicale est stupéfiante, j'ai le sentiment que le compositeur nantais s'autorise une liberté d'expression beaucoup plus large qu'auparavant. J'ai été agréablement surpris par le fait que son style est plus proche que je ne l'aurais imaginé du Bertrand Loreau "traditionnel", je veux dire par là qu'il est resté fidèle à son style profond et personnel tout en s'ouvrant à de nouvelles destinations sonores, et ce, sans l'empreinte râpeuse que peuvent avoir certaines compositions avant-gardistes. L'entrée de Bertrand Loreau sur le marché des musiques plus expérimentales que mélodiques pourrait être une sorte de lien entre les deux rives de ces univers musicaux. En effet, les nappes et les séquences veloutées disséminées dans l'album me rappellent certains des meilleurs passages des musiques planantes allemandes d'autrefois, tout en s'intégrant parfaitement au fil de l'album qui se veut une entrée douce dans le monde des musiques exploratrices. Le réveil-matin final de l'album m'a fait sortir violemment de la vaporeuse torpeur dans laquelle je m'étais délicatement laissé envelopper tout au long de cet album. Vous l'aurez compris, j'ai adoré ce disque, je peux vous dire qu'il va tourner un moment sur ma platine laser avant que je n'en change. Bravo et merci Bertrand pour ce "coup de maître" !" Yann Coulange - Fr

GUTS OF DARKNESS
"Ça fait du bien d'entendre un Bertrand Loreau plus audacieux. Ça signifie que l'homme est en plein contrôle de ses moyens et qu'il n'a pas peur de sortir de sa zone de confort. Entendre les images, faire parler leurs pixels. Ce n'est pas une mince affaire. C'est un projet audacieux que le barde électronique de Nantes a accepter de relever en laissant parler sa vision et en laissant planer ses émotions nocturnes, comme les ailes d'un prédateur diurne pourchassant les beautés des songes de nuit, sur les panoramas du photographe Lionel Palierne. L'univers de “Souvenir Rêvé d'une Promenade Nocturne” est de complexité et abscons avec 14 tableaux musicaux qui dépeignent 14 endroits de Nantes habillé de ses nuits où le silence respire à coups de secrets. Bertrand Loreau réussit à merveille à soutirer les ombres du silence d'une centaine de photos en forgeant des structures abstraites où foisonnent des bribes de mélodie qui démontrent toute la tendresse et la poésie méditative déchirant et tourmentant l'introspection de Bertrand Loreau. Au-delà de ses apparences expérimentales “Souvenir Rêvé d'une Promenade Nocturne” est une œuvre éclectique où la poésie de Loreau s'écoute à travers ses ambiances, ses peintures sonores abstraites et de douces incursions dans ses ruelles laminées de Berlin School. De Vangelis à Tangerine Dream, Loreau réussit tout un tour de force en donnant vie à la mort du jour. Des pas sur le pavé, les aboiements d'un chien et les trots d'un cocher fantôme qui résonnent dans des vents sifflant la colère de la noirceur et les siffles des badauds errants, "Saint Pierre" offre toute la panoplie des contradictions de la vie nocturne Nantaise. Si les images de Lionel Palierne sont belles, la musique de Bertrand Loreau lui trouve des significations opposées avec ces tonalités d'un regard de verre qui embrassent les images parfois surréelles du "Jardin des Plantes". C'est un univers organique qui respire à travers ces photos, amenant l'auditeur dans un mode de réflexions à connotations invisibles. Les statues du jardin poussent "Jardin des Plantes" jusqu'à une danse des oscillations et des pulsations. Le ciel est fardé de stries cosmiques et de lamentations nécromantiques qui embrasent un rythme électronique dont les impulsions répétitives embrassent une vie morte qui se pousse en train. C'est un des bons moments de “Souvenir Rêvé d'une Promenade Nocturne” qui s'introduit dans une forêt de criquets aux ailes métallisées avec "Gournerie". Nous tombons dans la phase pure organico-ambiante de cette fascinante fusion artistique entre Loreau et Palierne. "Nantes Atlantiques" s'orne de souffles de métal et de mugissements organiques qui se chamaillent la vie nocturne de l'aéroport de Nantes. "Ile de Versailles" offre une fine structure de rythme qui épouse les influences d'Edgar Froese et de Vangelis, alors que "Grand Blottereau" propose une douce rêverie nocturne à la Française avec des sons d'accordéon perdus dans des brumes bleues qui recueillent les pleurs d'un synthé à la dérive sentimentale. Nous sommes sans l'ombre d'un doute dans le plus beau passage de “Souvenir Rêvé d'une Promenade Nocturne ” alors que Bertrand Loreau continue de faire pleurer ses synthés dont les larmes minimalistes coulent sous les lamentations torsadées de "Procé" qui étend une fascinante procession mélancolique, tout comme le très beau et très poétique "Sainte Anne" qui pleure et pleure de sa mélodie sombre, faisant jaillir un fin ruisseau de séquences qui dansent dans l'oubli. C'est du grand Loreau. Après deux titres aux visages musicaux abstraits, "Beaulieu" offre un fin carrousel chatoyant comme les mélodies bleutées du Dream. "Jonelière" nous replonge dans le vide intersidéral d'une nuit qui se meurt alors que "Beaujoire" épouse à merveille ses natures mortes avec des pépiements et gargouillis électroniques avant d'offrir une superbe approche séquencée où les ions dansent à perte de vue. Tournoyant comme l'ivresse dans le bonheur, le titre respire la vie sous des souffles flûtés à faire rougir Peter Baumann. "Gare Sud" est tout simplement magnifique. Après une intro de mystères éthérés et d'élucubrations des machines, la course sur le pavé reprend. Ces bruits de sabots forgent un tempo alambiqué qu'une ligne de séquences remodèle en comptine pour errants. Un superbe passage unique à la tendresse de Loreau qui égrène les dernières minutes de “Souvenir Rêvé d'une Promenade Nocturne” avec une magnifique ritournelle carousellée où l'univers s'arrête pour regarder danser les anges. Un moment d'égarement s'installe et ce sont les sabots qui dansent en clopinant dans des cendres fumigènes qui réaniment la vie, alors que la séquence revient épouser cette approche onirique qui respire le drame à la Halloween. Dommage que la finale réveille le jour. Offert dans un coffret CD/DVD, l'effet sonore est renversante sur le DVD, “Souvenir Rêvé d'une Promenade Nocturne” est une œuvre inspirante qui s'adresse aux amateurs de dialectes électroniques et de bruits d'ambiance. Des bruits et des sons d'une fusion d'un alchimiste contemporain toujours en quête d'une recherche artistique à la hauteur de ses visions. Quand je vous dis que Bertrand Loreau est aussi étonnant que sublime. (vendredi 7 juin 2013) Note : 4/6"

CLAIR & OBSCUR
"Avant d'entamer la chronique de cette œuvre musicale électronique aussi surprenante sur la forme que dans le fond, un petit retour sur la biographie artistique de son géniteur s'impose. Bertrand Loreau est un compositeur français basé à Nantes, qui, après avoir baigné dès son plus jeune âge dans la musique classique au sein du milieu familial, commence à se passionner pour les musiques progressives du début des années 70. Cette rencontre s’opère tout d'abord à travers l'émergence de groupes rock tels que Pink Floyd, Emerson Lake & Palmer ou encore Genesis, puis par celle des grandes figures emblématiques de la fameuse "Berlin school", où scène électronique allemande, enfantée par la formidable explosion du mouvement "Krautrock". En effet, fasciné avant tout par les claviers et les sonorités spatiales produites par ces instruments au possibilités sans limite, c'est surtout la rencontre de Bertrand Loreau avec l'univers cosmique de son idole germanique, le génial synthétiste Klaus Schulze, maître incontesté du genre, qui fera de lui le musicien accompli qu'il est devenu depuis.
Bertrand fait l'acquisition de ses premiers instruments à l'aube des années 80, avec lesquels il commence à façonner les prémices de son propre style, à travers divers bidouillages et autres expérimentations aboutissant à des compositions finalisées, jusqu'au début de la décennie suivante qui verra la publication de ses premiers albums en CD, sous l'égide du prolifique label français Musea. L’œuvre de Bertrand Loreau accroche et séduit le mélomane en quête d'escapades intérieures par sa tendance classicisante, sa sensibilité extrême, et son fort potentiel mélodique, qui n'est pas sans rappeler la patte de musiciens de la trempe de Vangelis Papathanassiou ou du Tangerine Dream post "Stratosfear".
Si Bertrand est un artiste plutôt humble et discret, il contribue néanmoins activement au mouvement musical on ne peut plus confidentiel auquel il appartient, et dont il est l'un des principaux fers de lance dans l'hexagone, aux côté d'Olivier Briand, Jean-Christophe Allier, Alpha Lyra, Marc-Henri Arfeux et quelques autres. Il crée avec ces artistes français qui se revendiquent de ce même courant des "musiques électroniques progressives" plusieurs structures associatives aussi militantes que passionnées, dont la dernière née : Patch Work Music. Celles-ci ont pour but d'en assurer la promotion, à travers la parution régulière de lettres d'infos, fanzines, l'organisation d'événements publics tels que concerts ou festivals, et surtout, la mise en ligne d'un catalogue de CD qui continue à s'étoffer au fil du temps, des projets et des rencontres.
Cette année 2012 est riche d'actualité pour Bertrand Loreau, avec la parution chez Spheric Music de "Journey Through The Past", (qui, comme son nom l'indique, est une compilation de pièces éparses enregistrées dans les années 80, très orientées "old school"), et de "Promenade Nocturne" chez Ruralfaune, une œuvre qui, de par son côté avant-gardiste et expérimental, tranche assez radicalement avec le style habituel du musicien nantais. "Promenade Nocturne" sonne un peu comme une œuvre électroacoustique qui n'en est pas une, et l'on n'y retrouve pas (ou si peu) les schémas habituels de la musique planante chère à Bertrand Loreau, ici davantage influencé par les musiques contemporaines et concrètes que par son fameux "style de prédilection". Il est important de préciser que tout a été enregistré au moyen d'un unique synthétiseur, le Roland JP800, avec son propre arpégiateur intégré. Ni samples ni aucun instruments acoustiques n'ont été utilisés par le compositeur, et cela représente en soit une véritable prouesse, car à partir d'un simple clavier analogique, celui-ci arrive à créer toute la riche matrice sonore de cette œuvre aussi onirique que poétique.
"Promenade Nocturne", c'est 14 pièces musicales, 14 voyages noctambules irréels et abstraits, aussi doux et étranges que nos songes les plus paisibles, à travers des endroits bien identifiés qui semblent tout à fait familiers au musicien nantais. Chacune des pistes fait en effet référence à un lieu caractéristique de sa propre région. "Saint-Pierre", le morceau introductif, illustre parfaitement le titre de l'album, car c'est effectivement à une marche de nuit à laquelle le musicien nous convie, une virée poétique et barrée, où l'on perçoit ici et là quelques bruits de pas sur le bitumes, le sifflement de vents électroniques, ou encore les aboiements d'un canidé tout droit surgi de la 4ème dimension. Mais tout cela nous paraît tellement irréel, chimérique, qu'il est très clair que ces éléments "identifiables" et intelligibles nous sont davantage suggérés qu'imposés, avec toute la finesse et le savoir-faire qui caractérisent le musicien. En effet, nous ne sommes pas ici dans de l'illustration naïve ou facile, mise en scène par de simples effets de bruiteurs collés les uns sur les autres. Et la sauce, toute minimale soit-elle, prend immédiatement.
"Jardin Des Plantes" ressemble quant à lui tout autant à l'abstrait "Invisible Connection", oeuvre contemporaine méconnue du grand Vangelis (la 1ère partie, avant l'arrivée des nappes et du sequencer), qu'à la musique de Louis et Bebe Barron, le couple pionnier de la musique électronique, qui avaient signés ensemble la bande originale totalement novatrice du classique du cinéma de science fiction "Forbidden Planet" (1956), alors que les premiers synthétiseurs n’existaient même pas encore ! Ce même ressenti pourra, en ce qui me concerne, également s'appliquer au titre "Beaujoire" situé quelques plages plus loin, avec ses formes et autres rebondissements soniques aléatoires, qui personnellement m'emmènent bien au delà du massif armoricain et de ses environs.
Dans la foulée, "Gournerie" se vit comme une immersion dans le microcosmos végétal, animal et minéral de ce grand parc verdoyant situé près de Nantes, avec une musique qui se fait à la fois crépitements d'insectes et bouillonnements aquatiques, le tout entremêlé dans une sorte de tapis sonore grouillant de vie. Pour rester dans l'univers de la SF que j'affectionne particulièrement, je me croirais ici bien davantage isolé sur la planète de "L'Orphelin de Perdide" du romancier Stefan Wul, dont sera tiré le célèbre film d'animation de Laloux et Moebius, "Les Maîtres du Temps". Comme quoi cet album laisse véritablement libre cours à toutes les libertés d'interprétation ! Au cours de cette errance nocturne, on retrouvera un peu clairsemés les canevas plus caractéristiques de Bertrand Loreau, tels que sur "Îles de Versailles", avec ses carillons, ses arpèges électroniques, et ses nappes aussi majestueuses qu'ondoyantes. Ce court tableau musical est juste magnifique, laissant le promeneur solitaire en état d'apesanteur.
Aussi, "Saint-Anne" distille une ambiance paisible, faite d'une douce séquence hypnotique et d'une très jolie ligne mélodique. Le Kitaro intimiste d'"Oasis" (son meilleur album) n'est pas loin. Enfin, après être passé par d'autres étapes toutes emplies d'un sensibilité bien réelle et singulière, "Gare Sud", langoureuse pièce de conclusion de l'album, synthétise (c'est le cas de le dire) à merveille les deux partis-pris créatifs de l'auteur, l'un ouvertement expérimental (mais jamais aride, intello ou austère), l'autre plus "classique", avec ses séquences façon Tangerine Dream, et ses lignes mélodiques typiques du Bertrand Loreau que l'on connaît depuis le début de sa carrière.
Encore quelques bruits de pas, puis le réveil sonne, comme pour nous dire que la ballade est terminée. Notre guide, Bertrand Loreau, n'est certes pas le plus grand esthète sonore que je connaisse, même si l'artiste tire un point d'honneur à créer lui même ses propres sons, privilégiant l'analogique au numérique, sans jamais faire appels à ceux "d'usine" de ses nombreuses machines. Mais sa musique, très personnelle, jamais en panne d'idée ou d'inspiration, parle d'elle-même, se suffit à elle-même. Et l’artiste arrive toujours à créer de la beauté et un imaginaire puissant avec le strict minimum en guise de matière et matériel, comme c'est le cas plus que jamais auparavant avec cette "Promenade Nocturne" hors des sentiers battus, et qui, je l'espère, appellera bientôt le compositeur à d'autres errances fécondes et inventives. S'agit-il ici de son meilleur album ? Je ne suis pas loin de le penser. L'un des plus risqués et osé en tout cas, l'un des plus admirable aussi, qui compte désormais parmi mes préférés. Plus qu'un simple faiseur de musique électronique, Bertrand Loreau est un poète, tout simplement.
Philippe Vallin (8/10)"



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SYNTHseries 029
2012

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